La liturgie fut le lieu de prise de conscience du dogme de
l'Immaculée Conception de la Vierge Marie. La fête apparaît
dans certains monastères orientaux au septième siècle puis
elle est célébrée en Italie byzantine au neuvième siècle, en Angleterre au dixième siècle; mais ce n'est qu'au douzième siècle
que le dogme que nous connaissons apparaît en Angleterre et
en Normandie. Ce dogme est loin cependant de faire l'unanimité: même saint Thomas d'Aquin et saint Bonaventure, qui
tolèrent la fête, y sont opposés. La majorité des Frères Mineurs
se montra cependant favorable à la fête et au dogme, à la suite du bienheureux Jean Duns Scot. Au cours du quinzième
siècle plusieurs messes et offices furent composés. Le texte de
Leonardo Nogarelli, nettement favorable à l'Immaculée Conception, fut approuvé en 1476 par le pape franciscain Sixte IV;
le même pape approuvait en 1480 un autre texte composé
par le Franciscain Bernardin de Bustis, admirateur de Duns
Scot. Dès lors, la plupart des diocèses adoptèrent un de ces offices et la fête fut pratiquement célébrée dans toute l'Église.
Mais au seizième siècle saint Pie V, Dominicain, tout en
maintenant la fête, imposa un formulaire beaucoup plus neutre. Ce n'est qu'en 1854 que Pie IX, influencé par les écrits de
saint Léonard de Port-Maurice, consulta l'épiscopat et proclama solennellement le dogme de l'Immaculée Conception de la
Vierge Marie.
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